Etangs de Dordives
La prairie aux étangs

VUE DU HAUT
Photo-club V.BEMER

Vallée du Betz et de l'Ardouze
Photo-club V.BEMER

Château du Mez
Photo-club B. MAUPAS

 

Les Clément du Mez

 

 

 

Dans un fond marécageux de la vallée du Betz, le château du Mez-le-Maréchal prend place. Le lieu lui permettait de bénéficier de fossés en eau, aujourd’hui en partie asséchés et comblés. On peut penser que ce château-fort a été construit sur l’emplacement d’un ancien camp romain, car le tracé de la voie de César décrit une chicane pour l’éviter.

 

Le site appartient dès le XIème siècle à la famille Clément qui jouera un rôle très important à la cour aux XIIème et XIIIème siècles, et apparentée aux seigneurs de Château-Landon. Le premier de ces seigneurs fut Robert 1er Clément. Il partit en croisade sous la bannière de Godefroy de Bouillon et mourut vers 1100.

 

Son petit-fils, Robert III Clément, partit en croisade en 1147 avec son frère Aubry à la suite du prêche de Saint Bernard à Vézelay. Aubry décéda à Constantinople en janvier 1148. Robert III, de retour en France l'année suivante, hérita du domaine. Il fut choisi par le roi Louis VII pour devenir le précepteur du futur roi Philippe Auguste.

 

 

 

 

 

 

 

Véritable régent du royaume, il exerça une influence certaine sur le jeune souverain qui, en 1180, le nomma conseiller et ministre d'Etat. Mais il mourut prématurément en 1181, laissant six enfants.

 

Philippe Auguste éleva l'aîné, Albéric Clément, seigneur du Mez, au titre de Maréchal. Il fut le premier Maréchal de France. Lorsque le roi partit en Terre sainte, Albéric l'accompagna et se distingua par son courage au siège de Saint-Jean-d'Acre, où il mourut en 1191.

 

Son frère, Henri, fut alors choisi pour lui succéder dans la charge de Maréchal. De petite taille, on le surnomma "le petit Maréchal". Proche de Philippe Auguste, Henri Clément devint baron d'Argentan. Le roi lui octroya baronnie normande pour le féliciter de ses succès militaires.

 

Il se distingua particulièrement à la bataille de Bouvines en 1214 et combattit les Anglais en Poitou  jusqu’à sa mort, la même année. Un vitrail de la cathédrale de Chartres le représente recevant l'oriflamme des mains de Saint-Denis.
Son fils aîné, Jean, hérita à son tour de la charge de Maréchal, à l'âge de dix-sept ans. Il partit pour la croisade en 1249 avec Saint-Louis. Et c'est son petit-fils Henri II Clément qui fut, en 1260, le quatrième et dernier maréchal du Mez. La lignée des Clément s’éteignit à la fin du XIIIème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Château

 

L’édifice est constitué d’une grande enceinte carrée (d’environ 60m de côté) construite au début du XIIIème siècle par Henri Clément. Elle comporte quatre tours de flanquement, circulaires aux angles, et une porte à deux tours aménagée au centre de la face nord. A l’intérieur de l’enceinte prend place, excentrée dans le quart sud-ouest de la cour, une tour-maîtresse (le donjon).Une longue aile de logis (des bâtiments résidentiels) se développait sur tout le long de la face sud de l’enceinte. L’état de conservation de l’ensemble est très variable. Alors que la tour-maîtresse et les deux ailes de logis sont largement ruinées, l’enceinte, elle-même, est parfaitement conservée sur tout son périmètre.

 

Les tours, de 8,60m de diamètre, sont dotées d’une base inclinée, surmontée par deux niveaux d’archères, disposées en quinconce, de façon à obtenir un flanquement efficace. A l’intérieur, les deux niveaux étaient séparés par un plancher, et le deuxième niveau était couvert d’une voûte d’ogives à quatre nervures, encore conservée dans les tours nord-est et sud-est.

 

 

 

 

 

 

 

Le niveau supérieur de la tour sud-ouest, réalisé en pierres régulières, était pourvu de hourds et correspond à une surélévation entreprise au XIVème siècle. Les courtines ont un tracé parfaitement rectiligne, et atteignent 2 mètres d’épaisseur en moyenne. Elles étaient totalement aveugles à l’origine.

 

Chaque courtine était couronnée par un chemin de ronde défendu vers l’extérieur par un parapet crénelé, dont les traces sont bien visibles sur certaines tours. La porte, ménagée entre deux tours, était défendue par un assommoir, une herse dont la rainure est encore bien visible, et une paire de vantaux.

 

L’ensemble architectural reprend les principes de la fortification dite « philippienne ». C’est un mode de fortification novateur et standardisé qui a été créé sous l’impulsion du roi Philippe Auguste à la fin du XIIème et au début du XIIIème siècle.

 

Les châteaux, construits par ce dernier, sont constitués par une enceinte géométrique, flanquée de tours circulaires à archères, et dotée d’une porte à deux tours (comme à  Dourdan, à Montlhéry ou à Yèvre-le Châtel et, plus récemment, à Guédelon). Ce n’est pas étonnant puisque Henri Clément était très proche de Philippe Auguste. La tour-maîtresse a été construite en deux fois. C’est Robert III Clément qui, dans les années 1170, édifie un logis rectangulaire à quatre tours d’angles circulaires. Il ne s’agissait pas vraiment d’un donjon parce que l’ouvrage ne comportait que deux niveaux.

 

 

 

 

 

 

 

Au début du XIIIe siècle, Henri 1er Clément surélève le logis primitif d’un niveau (le troisième niveau actuel). La tourelle nord-est accueille un escalier en vis desservant tous les niveaux. L’ensemble de la tour a une fonction résidentielle et  ressemble beaucoup à celui du château de Nemours, construit dans les années 1170-1180.Les logis sont aujourd’hui en ruines, mais conservent encore de nombreuses portes des XIIIe-XIVe siècles, des fenêtres du XIVe siècle, et la base d’une tourelle d’escalier polygonale. Ces logis ont sans doute été construits, pour l’essentiel, au cours du XIVème siècle.

En 1314, Mez-le-Maréchal passa dans le domaine royal. Philippe le Bel en fit l'acquisition et l’offrit à la reine Clémence de Hongrie qui vint quelques fois y résider. Parvenu au trône, Philippe VI en fit don à Jeanne de Bourgogne, sa femme. Le souverain s'y arrêta plusieurs fois avec sa cour. Le château changea souvent de propriétaires. Certains furent illustres comme Isabeau de Bavière et encore Gaston de Foix, duc de Nemours. Il fut un lieu de résidence jusqu'au milieu du XVIIIème siècle. Dès lors, en très mauvais état, englobé dans la seigneurie de Dordives, Mez-le-Maréchal devint une forteresse abandonnée dont les pierres alimentèrent les constructions environnantes.

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